Paroles blessantes

Mon père m'a énormément vexé. Il arrête pas de m'envoyer des messages mais j'ai très peu envie d'y répondre. J'ai limite envie de le jeter. Je sais qu'il ne disait pas ça contre moi, mais c'est extrêmement offensant pour une personne en pleine transition. Remettons le contexte en place.
Ce week-end, je suis allé rejoindre mon père chez ma grand mère. Je ne l'avais pas vu depuis un mois. Pas un mot sur ma première injection de testostérone alors que je lui avais dit en message que je l'avais faite.
En réalité, nous n'avons jamais parlé de ma transidentité. A part la fois où je devais aller chez le médecin demander L'ALD pour être remboursé pour mon futur, traitement hormonal. Je n'ai pas osé en parler au docteur et j'ai fini par demander autre chose. Dans la voiture, après le rendez-vous, il m'a dit que c'était pas possible si je continuais à ne pas vouloir demander ce que j'ai à demander à mes médecins. La raison pour laquelle je n'en ai parlé, c'est clairement car j'ai encore du mal à expliquer ma situation, le fait que je sois trans. Alors, je lui ai répliqué que, de toute façon, il n'acceptait pas que je sois trans. A première vue, cela n'avait rien à voir avec le sujet. Mais ce dont je veux parler, ce que signifiait ma réponse... "Tu t'attends à ce que je parle facilement de ma transidentité avant des médecins alors que je n'arrive pas à en parler avec toi ? Tu penses que c'est facile pour moi alors que toi-même tu as honte de ce que je suis ? Je devrais pouvoir dire aux autres que je suis trans Alors que toi-même tu ne le feras jamais ? Tu ne diras jamais que tu as un fils, un fils trans. Et tu n'es même pas capable de te l'avouer à toi-même."
J'ai mal ce soir d'écrire ces mots. Pour vous dire la douleur, je n'en ai plus jamais reparlé avec lui depuis ce jour là. Car il m'a répondu "tu ne peux pas remettre toute la faute sur moi." Il ne m'as pas rassuré, il ne m'a pas expliqué qu'il m'acceptait. Il m'a juste dit cette phrase, puis il a conduit en silence. Nous sommes rentrés à la maison et restés chacun de notre côté sans plus nous parler. Quand j'ai repris rendez-vous chez le docteur, mon père devait m'accompagner. Seulement, j'ai fait une crise d'angoisse à l'arrière de la voiture après une crise d'anxiété. Les nausées se sont transformées en sanglots et larmes lorsque mon père n'a pas voulu y aller à ma place. Il a annulé mon rendez-vous et j'ai pleuré pour la première fois devant lui, en me cachant désespérément derrière mes mains.
Bref...
Ce week-end, j'ai vu mon père, le lendemain de ma première injection. Il a continué à me megenrer, comme d'habitude, et il m'a appelé par mon deadname devant ma famille qui n'est clairement pas au courant. C'était atroce de les entendre me répéter quelle belle jeune femme je suis devenu.
Je suis rentré il y a deux jours. Aujourd'hui, ma mère a appelé mon père pour lui parler de moi. Elle sait que la situation m'affecte. Elle a dit qu'il aurait dû lui en parler. "Oui, oui, je sais, j'aurais dû." Elle lui a dit qu'il devait essayer de dire "il" au lieu de "Elle." Réponse ? "Oui, oui, j'essaierai." Mais ce ne sont que des mots.
Elle lui a dit que bientôt, les changements physiques seraient nombreux suite à la prise d'hormones. "Je ne préfère pas y penser."
J'ai même pas la force d'écrire la suite.

La nuit est passé, une journée aussi. Le soir arrive et je me sens mieux. Dès mon réveil, les choses allaient mieux. J'avais juste besoin de digérer ses paroles. Exactement comme lui il a besoin de digérer ma transidentité.... ce qui n'est pas près d'arriver.
En bref, je ne sais pas comment vont se dérouler les choses avec mon père. Il y a du boulot, on va tous les deux devoir s'accrocher, mais j'espère que tout va finir par s'arranger.

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